Un remorqueur réaliste

Envergure : 2,43 m
Corde : 430 / 330 mm
Profil : Naca 23015 / 23012
Surface totale : 98 dm²
Longueur :1,85 m
Masse à vide :13 000 g
Charge alaire : 133 g /dm² 
Premier vol : déc. 1999

Moteur : Zenoah 80B
Pot : Zenoah
Hélice : Menz S 24x10

Photo 04

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

Désirant reconstruire un appareil susceptible de remorquer plus efficacement que mon Super-Cub, je cherchais une machine efficace, facile à construire, tout en ressemblant évidemment à quelque chose. Il n'était pas question alors de revenir à un Bison ou dérivé... J'ai découvert le Morrisey Bravo dans le catalogue Sig, et j'ai tout de suite pensé qu'il possédait les caractéristiques recherchées :

  • look d'avion de tourisme,

  • taille recherchée à l'échelle 1/4 (comme toutes mes autres machines),

  • bonne surface alaire et cordes généreuses,

  • bras de levier arrière généreux de part la position reculée du stab.,

  • train à lame fixé au fuselage, plus solide et pratique que dans l'aile,

  • disponibilité du plan et des principaux accessoires (capot, verrière).

J'ai commandé le plan chez Sig, afin d'étudier la bête. Le choix s'est vite décidé, et j'ai donc attaqué la construction pendant l'hiver 1998/1999.

Le plan

Je suis parti du plan correspondant au kit Sig, encore commercialisé à l'époque, mais qui n'est plus disponible aujourd'hui. Le plan m'a servi pour les formes générales extérieures, mais toute la structure a été adaptée, notamment afin d'utiliser des matériaux "grands publics" et gagner en temps de fabrication.

J'ai commandé la verrière et le capot chez Sig, mais j'ai du refaire celui-ci car le Zenoah ne rentrait pas dedans !

Nota : le prototype sort en ordre de vol à 13 kg, en utilisant beaucoup de matériaux issus de grandes surfaces de bricolages. Avec le recul, il doit être possible de gagner 1,5 à 2 kg sur la réalisation du fuselage.

 

Caractéristique Profil Incidence
Emplanture aile Naca 23015 + 2 ° 
Intermédiaire aile Naca 23015 + 2 ° 
Extrémité aile Naca 23012 - 1 °
Empennage horizontal Naca 009 0 °
Empennage vertical Naca 009 -
Centrage 130 mm / bda 30 %

Construction

Ailes, empennages, dérives : ces éléments ont été sous-traités chez Concept Cévennes Modélisme. Ils sont réalisés en polystyrène, coffré en samba 10/10. Les bords d'attaque sont en samba. Les ailes, en deux parties, sont reliées par une clef dural de diamètre 30 mm.

Fuselage : le fuselage de base est constitué par 2 flancs en CTP de 3 mm, doublés à l'avant, et reliés sur 4 couples en CTP. Les formes latérales avant ainsi que les dômes avant et arrière sont réalisés en polystyrène coffré samba 10/10. Les parties latérales arrières et inférieures ne sont pas coffrées, mais sont entoilées.

Finition : les parties "ouvertes" du fuselage sont entoilées au Solartex. Après avoir appliqué puis poncé une première couche de bouche-pores, l'ensemble de la cellule est ensuite recouvert au tissu de verre 25 g/m² posé à la résine Epoxy. Le tout est ensuite enduit au bouche-pores Polyfila, puis poncé. Une couche d'apprêt de finition automobile puis deux couches de peinture polyuréthane automobile terminent la finition. La décoration est réalisée en peinture, les marquages sont en adhésif. Les motifs de décoration sont personnels et reproduisent une hypothétique construction d'amateur française (immatriculation en F-P...).

La radio

Fonction Profil
Récepteur Multiplex RX 12 DS 
Ailerons 2 x MPX Royal BB 
Profondeur 2 x MPX Royal BB 
Direction Royal Digi
Moteur MS 11
Volets 2 x MPX Royal BB 
Roulette C507 
Crochet MS-X5
Accus principal 5 x 2000 RC Sanyo
Accus secours 5 x 1250 SCRL Sanyo

Ailerons, volets, profondeur, direction : tringles en tige filetée M3, gainée en tube alu 3x4, équipées de chapes à rotule M3 (métalliques sur la profondeur). Les servos sont installés au plus près des gouvernes, de façon à avoir des commandes courtes et rigides.

Roulette : le servo est encastré sous le fuselage, à mi-chemin entre le bord de fuite et la roulette. La commande s'effectue par câbles aller/retour en acier gainé nylon (rayon pêche) terminés par des queues de chapes et des chapes plates M2.

Moteur : le servo est placé sur une platine en CTP vissée sur le couple moteur. La commande est réalisée en tige filetée M3, équipée de chapes à rotule plastique M3. Une tirette en CAP 2 mm permet de commander le starter en sortant sous le capot moteur.

Crochet : le servo est fixé verticalement dans le fuselage, au droit du bord de fuite. La commande du crochet est réalisée avec un rayon de vélo, terminé par une chape à rotule M2.

Motorisation

Initialement envisagée avec un Super Tigre ST4500, la motorisation a évolué avec l'augmentation de la masse du projet. Finalement, c'est un Zenoah 80B qui équipe le modèle. La puissance est plus que suffisante, et l'avion monte à la verticale en solo presque indéfiniment.

Le moteur est monté sur la cloison pare feu par l'intermédiaire de joints de robinets en néoprène, de façon à isoler un peu les vibrations. C'est certainement très empirique, mais de toute façon le niveau vibratoire reste mesuré de par la configuration bicylindre. Il est équipé des pots fournis d'origine par Zenoah, qui sont assez compact pour s'intégrer dans le capot, et procurent un niveau sonore raisonnable (non mesuré). Il entraîne une 24x10 bipale Menz. 

Le réservoir est réalisé à partir d'un bidon de 750 ml, équipé de deux prises de Durit. Le remplissage s'effectue au travers d'une prise DuBro grand modèle, spéciale essence. Il n'y a pas de pressurisation (inutile avec un carburateur à pompe Walbro), mais une simple mise à l'air libre.

Le vol

De part ses caractéristiques géométriques, le vol du Morrisey est un vrai régal. Il est comme "sur des rails". Neutre, il permet de piloter décontracté, car il reste sur sa trajectoire, ce qui permet de le laisser faire "tout seul" pendant une bonne partie du vol, sans être tout le temps en train de le piloter ou de le corriger. De plus, sa masse lui permet de ne pas être trop sensible au vent. A l'atterrissage, ses larges volets permettent facilement d'encadrer la piste. Mais il faut garder à l'esprit qu'il pèse tout de même 13 kg, et qu'il ne se pose pas à la vitesse d'un Baron...

En remorquage, sa stabilité alliée à la puissance de la motorisation permet de tirer facilement des grandes plumes. A ce jour, les plus grosses machines remorquées sont des "5 m" de 10 kg. C'est sans soucis, et diablement plus réaliste qu'avec un Bison ! Il y a de la marge, et il doit pouvoir tirer bien plus. Il suffit d'adapter la pente de montée à la machine tractée, de façon à toujours lui garder sa vitesse de vol. Arrivé en altitude, et après largage du planeur, les larges volets baissés à 60° permettent de descendre plein ralentis quasiment à la verticale, sans aucune prise de vitesse, et de réaliser ainsi un encadrement très rapidement, de façon à augmenter le nombre de rotations.

En conclusion, j'adore cet avion ! Il est certainement actuellement le plus homogène de mon écurie, ce qui fait qu'il est donc vite devenu celui qui accumule le plus d'heures de vol.

Stéphane Pérussault

 

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